Les biais cognitifs : comment lutter contre nos pires ennemis au travail ?

biais cognitifs

Des biais cognitifs qui nous parasitent

L’humain est un être complexe. De cette complexité, naît une forme d’imprévisibilité, y compris dans le monde du travail. Cette part d’imprévisibilité, quant à elle, fait la richesse des interactions humaines et c’est très bien ainsi.

Dans le monde professionnel, nous sommes quotidiennement amenés à prendre un grand nombre de décisions. Notre cerveau utilise des raccourcis pour trancher efficacement. Ces raccourcis sont utiles, puisque sans eux, nous serions submergés d’informations. Néanmoins ces raccourcis induisent dans certains cas des biais cognitifs qui nous conduisent à avoir un jugement erroné et donc à prendre de mauvaises décisions. Afin de contrer ces biais, mieux vaut les identifier.

Alors que nous croyons bien faire, certaines décisions sont influencées par des biais cognitifs

De nombreuses études ont démontré que les juges étaient plus sensibles aux biais cognitifs lorsqu’ils étaient fatigués ou lorsqu’ils avaient faim.

Une étude a analysé plus de 1000 décisions d’aménagements de peine. En début d’audience, les condamnés avaient plus de probabilité de voir leur demande acceptée qu’avant la pause déjeuner !

 

Un biais cognitif, c’est quoi ?

Un biais cognitif est un jugement ou une pensée qui tord la réalité. Il s’agit d’un court-circuit mental qui schématise rapidement une situation donnée dans l’objectif d’accélérer le processus décisionnel.

S’il existe plus d’une centaine de biais cognitifs, certains sont particulièrement prédominants dans le monde du travail. Policorns a identifié 5 biais cognitifs majeurs et vous donne les clés pour lutter contre ces distorsions.

 

Le biais de confirmation, l’obstination dans l’erreur

Surement le biais cognitif le plus répandu dans le monde du travail ! Notre cerveau nous pousse à voir uniquement les éléments qui confirment notre idée initiale. Les faits qui contredisent notre pensée sont automatiquement relégués au second plan.

Nous vivons quasi-quotidiennement ce type de situation. On a tous connu un collègue qui s’acharne sur une conviction. Pourtant, les données factuelles qui contredisent sa pensée sont minorées voir même balayées. En revanche, chaque observation, aussi petite soit-elle, qui va dans le sens de son raisonnement, sera amplifiée et mise en avant.

Notre conseil : prenez toujours du recul et sortez votre tête du guidon même lorsque vous êtes dans une situation urgente. Essayez aussi d’analyser votre problématique sous différents angles et devenez votre propre avocat du diable.

Si vous travaillez en équipe, écoutez et analysez attentivement les propos de vos collègues et ne balayez jamais leurs arguments d’un revers de la main. Chaque point de vue est une richesse car il représente une partie de la réalité.

 

Le biais de l’autorité, la peur de s’opposer aux experts

Rappelez-vous que les experts ne sont pas toujours d’accord entre eux. La crise de la COVID-19 en est un très bon exemple.

Plusieurs entreprises mandatent des experts ou des cabinets de conseil et appliquent leurs préconisations au pied de la lettre. Si dans une majorité de cas, ces experts voient juste, il arrive aussi qu’ils se plantent. Or, lorsqu’un doute s’installe, personne n’ose vraiment les contredire au risque d’être décrédibilisé et de passer pour un incompétent.

Notre conseil : lorsque vous n’êtes pas convaincu, n’hésitez pas à confronter les spécialistes et les figures d’autorité de votre entreprise. Demandez avec bienveillance et humilité à ce qu’on vous explique les choses en termes simples.

Si votre incompréhension persiste, exprimez votre désaccord et vos interrogations de façon factuelle. Si vous êtes décideur, élargissez le cercle d’échange en sollicitant d’autres spécialistes.

 

Le biais de l’ancrage, le pouvoir de la 1ère impression

Il s’agit de prendre comme référence la première impression qu’il s’agisse de personnes ou de livrables. Nous nous tenons souvent à notre première impression et rares sont ceux qui changent d’avis. D’abord par paresse intellectuelle. Ensuite parce que nous ne voulons pas contredire nos propres pensées.

Notre conseil : ne vous attardez jamais à votre première impression qu’elle soit positive ou négative. Donnez toujours une seconde chance à vos interlocuteurs. Vous pourrez être bien surpris !

Enfin, pour éviter d’être vous-même une victime du biais de l’ancrage, soignez la forme. Si vous présentez un livrable, accordez autant d’importance à la forme qu’au fond. Vous mettrez vos interlocuteurs dans les meilleures dispositions.

 

Le biais de groupe, la terreur de la masse

12 personnes autour de la table. Tout le monde hoche la tête et semble être d’accord avec celui qui présente. Vous êtes le seul à ne pas adhérer à ce qui est dit et pourtant vous n’osez pas prendre la parole pour contester ces propos. Ça, c’est le fameux biais de groupe ! Et d’ailleurs plus la taille du groupe est importante, plus nous sommes intimidés.

Notre conseil : faites confiance à votre propre capacité de compréhension et d’analyse. Lorsque vous n’êtes pas d’accord avec certains propos, prenez la parole et exprimez votre désaccord sous forme d’interrogations ou de questions. Vous seriez alors peut-être surpris du nombre de personnes qui seraient d’accord avec vos propos.

 

Le biais de faux consensus, l’égocentricité par excellence

Lorsque vous passez beaucoup de temps à travailler sur un sujet, vous aurez tendance à surestimer le nombre de personnes qui sont d’accord avec votre résonnement et votre méthodologie. En effet, chacun de nous attend des autres qu’ils raisonnent et agissent à l’image de manière presque identique.

Ce cas est particulièrement prégnant lorsque vous mettez en place un nouveau process ou une nouvelle offre en pensant que vous tenez l’idée du siècle. Viennent ensuite les contestations et les incompréhensions.

Notre conseil : faites adhérer l’ensemble des parties prenantes à votre projet bien avant de le déployer. Communiquez avec clarté sur vos intentions et soyez à l’écoute des arguments de vos interlocuteurs.

 

Ne pas confondre biais cognitifs et intuition

L’intuition fait la singularité de chacun d’entre nous. L’intuition est un subtil mélange entre perception, expérience et expertise.

Il est nécessaire d’écouter et de suivre son intuition. Si vous avez décelez quelque chose que d’autres ne voient pas, persévérez et essayez d’étayer votre intuition avec des preuves factuelles.

N’oubliez pas que les grands succès naissent à partir d’intuitions et d’éclairs de génie.

 

En conclusion, la machine humaine est bien complexe. Notre cerveau est notre meilleur allié car il nous permet de traiter une masse trop importante d’informations. Il faut cependant savoir identifier et dépasser nos biais cognitifs.

Sachez que la décision parfaite dans le monde du travail n’existe pas. Rares sont les solutions qui peuvent faire l’unanimité. Confrontez vos convictions et vos intuitions à la réalité du terrain. C’est en échangeant qu’on fait mûrir les réflexions et qu’on affine les idées. N’ayez pas peur de la confrontation des idées et acceptez de faire évoluer vos réflexions. Essayer toujours d’étayer vos convictions par des preuves factuelles.

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